15 avril 2015 - 4ème Congrès de l’association des écrivains de la Caraïbe

 

Discours de M. le préfet de la région Guadeloupe

- Le Congrès des écrivains de la Caraïbe doit être salué avec fierté et reconnaissance. C’est une occasion exceptionnelle de rassembler un très grand nombre d’écrivains de la grande Caraïbe, mais aussi celle de l’Association des États de la Caraïbe, forte de ses 250 millions d’habitants, dont plus de 40 millions pour la seule Caraïbe insulaire. Depuis 2014 d’ailleurs, la Guadeloupe et la Martinique font désormais partie de l’AECAssociation des États de la Caraïbe en tant que membres associés.

- Le Congrès des écrivains de la Caraïbe doit être salué avec fierté et reconnaissance. C’est une occasion exceptionnelle de rassembler un très grand nombre d’écrivains de la grande Caraïbe, mais aussi celle de l’Association des États de la Caraïbe, forte de ses 250 millions d’habitants, dont plus de 40 millions pour la seule Caraïbe insulaire. Depuis 2014 d’ailleurs, la Guadeloupe et la Martinique font désormais partie de l’AECAssociation des États de la Caraïbe en tant que membres associés.

- C’est là une très belle initiative du Conseil régional qui ancre définitivement la Guadeloupe comme un des haut-lieux de la littérature, à côté d’autres manifestations littéraires prestigieuses tel le festival des écritures des Amériques, le prix Carbet présidé par Ernest Pépin ou bien encore le Prix Carbet des lycéens.

- C’est aussi un témoignage de reconnaissance publique à l’endroit de la très grande qualité de la littérature caribéenne, dont fait partie la littérature guadeloupéenne, et qui compte aujourd’hui tant de Prix Nobel et autres récipiendaires de prix littéraires prestigieux.

Le Congrès des écrivains de la Caraïbe exprime et relaie l’engouement très fort du public pour les auteurs régionaux et leurs œuvres. Cet intérêt largement partagé de la population, et en particulier des nouvelles générations, pour ses auteurs est à souligner car c’est un fait encore loin d’être vérifié ailleurs dans le monde, quel que soit le niveau d’alphabétisation et de scolarisation.

- Il convient, à ce titre, de saluer l’implication ancienne et sans cesse renouvelée des bibliothèques d’une part, des éditeurs et des librairies d’autre part, sans oublier l’Éducation nationale, dans la diffusion et la valorisation des ouvrages d’auteurs guadeloupéens et caribéens, qu’ils soient publiés ou non sur le territoire. Leur engagement dans le quotidien contribue très significativement à l’élargissement de l’accès aux créations littéraires issues de la région.

- La reconnaissance publique s’exprime aussi à l’endroit de l’engagement profond et constant des écrivains de la Caraïbe dans la réalité de leurs pays, non seulement comme créateurs mais encore comme citoyens responsables et activement investis sur le terrain pour un changement significatif des conditions de vie et du développement dans des situations sociales et humaines parfois extrêmes comme c’est le cas dans un certain nombre de grandes métropoles de la Caraïbe.

Ce qui nous intéresse tout particulièrement et plus que jamais, c’est ce regard de l’auteur dont nos sociétés ont besoin, non pas comme guide patrimonial ou comme source d’une vérité scientifique à la recherche de laquelle sont aussi naturellement mobilisés les sciences humaines, mais plutôt comme une invitation persistante et multiforme à exercer notre conscience critique. Les auteurs mobilisés que vous êtes appellent, en connivence, les lecteurs que nous sommes à assumer leur aptitude à cerner et à interpréter le sens, à accéder avec vous à de nouvelles compréhensions de nos humanités et du monde.

- Parmi les nombreux auteurs aujourd’hui présents, je veux saluer l’écrivain Daniel Maximin qui est l’invité d’honneur de l’édition 2015 de ce Congrès.

Romancier, poète, animateur de radio, premier directeur régional des affaires culturelles en Guadeloupe et ancien inspecteur général des affaires culturelles au ministère de la culture et de la communication, il est l’auteur d’une œuvre romanesque et poétique puissante.

Mais il est aussi un infatigable promoteur des œuvres d’autres écrivains, comme Aimé Césaire bien sûr, et tant d’autres, au travers de toutes ses interventions sur ce que la Caraïbe et les littératures de la France et du monde, comptent comme écritures majeures.

- Ce quatrième congrès a pour thématique : « Voyages, migrations, diasporas dans les littératures caribéennes ».

C’est un thème central de l’histoire de la caraïbe dont ses auteurs, dans leurs expressions romanesques et poétiques, se sont attachées depuis plus d’un siècle, à rendre compte. Je suis persuadé que sur ces sujets, vos échanges seront fructueux.

- Ce Congrès, enfin, est une invitation à la réflexion sur les enjeux du livre aujourd’hui dans son univers physique comme numérique, et en particulier sur les conditions de la diffusion et de la promotion des œuvres littéraires auprès du plus grand nombre. Saluer à ce propos, les animateurs de l’atelier professionnel qui, à l’initiative de la DACDirection des affaires culturelles, s’attacheront à informer et débattre au sujet des enjeux et conditions d’accueil des auteurs dans le cadre des manifestations littéraires ainsi que des bibliothèques publiques.

Un défi d’importance pour la création littéraire comme pour la création audiovisuelle sera également évoqué au travers de l’adaptation audiovisuelle des œuvres littéraires de la Caraïbe. L’initiative est portée conjointement par l’Association de développement du cinéma d’art et essai en Guadeloupe (APCAG) et l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECSOrganisation of Eastern Caribbean States (Organisation des États de la Caraïbe Orientale)). Elle est soutenue financièrement par le Fonds de coopération régionale.

Cette initiative augure véritablement de nouveaux modes de coopération régionale propres à impulser la structuration des industries du livre et de l’audiovisuel dans nos régions qui doivent désormais être considérés comme des vecteurs de croissance économique et sociale à part entière.

- Je vous souhaite à toutes et à tous un excellent congrès ainsi que des échanges fructueux au travers des nombreux ateliers et présentations qui se dérouleront tout au long de cette semaine et qui se conclura par la remise du Grand prix littéraire, samedi.

D’un point de vue plus personnel et au nom de tous les lecteurs et amoureux de la littérature, je remercie l’ensemble des organisateurs et des partenaires qui ont donné naissance à cet événement et qui contribue, année après année, à accroître son audience.

Le livre est bien l’avenir de l’homme, c’est aussi celui de la Caraïbe.